Radon (Rn)

Polluants physiques

Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore. Il est naturellement présent dans l’environnement. Il fait partie des « gaz rares » (ou « gaz nobles »), famille d’éléments parmi lesquels il est considéré comme le plus lourd, avec une densité près de 8 fois celle de l’air.
Le symbole chimique du radon est Rn.

Sources

La principale source de radioactivité naturelle est un gaz rare, le radon issu de la chaîne de désintégrations de l’uranium. Inerte du point de vue chimique, il présenterait peu de dangers si ses produits de désintégration, également radioactifs, ne se déposaient dans les poumons. En plus de la nature du sol, les matériaux de construction d’une habitation et son aération sont déterminants pour l’exposition au radon.

Gaz d’origine naturelle, le radon est produit à partir de l’uranium contenu dans les sols. Le radon est surtout présent dans les roches granitiques, volcaniques et uranifères (contenant de l’uranium). Le radon s’accumule dans les cavités des exploitations minières (uranium, charbon...). Les eaux souterraines peuvent se charger de radon au contact de certaines roches. Celui-ci s’échappe de l’eau dès qu’elle est en contact avec l’air libre, comme dans certains puits ou stations thermales.

Dans les maisons, les écoles, et les immeubles, les niveaux de radon sont plus élevés car ce gaz peut pénétrer par les fissures des fondations ou des sous-sols, les passages de canalisations, les joints d’étanchéité, les matériaux poreux… et s’accumuler dans les espaces fermés (sous-sols, vide-sanitaires, cave, pièces d’habitation…).

Les plus fortes concentrations en radon sont retrouvées généralement dans les parties des bâtiments directement en contact avec le sol, notamment les caves, sous-sols et rez-de-chaussée.

Effets

La concentration en radon dans l’atmosphère libre, en air ambiant extérieur, est faible et inoffensive la santé humaine et pour l’environnement. Mais à l’intérieur des bâtiments, le radon peut s’accumuler, pouvant présenter des risques pour la santé en cas d’exposition prolongée. Le radon est reconnu comme un polluant cancérigène pulmonaire classé par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme « cancérigène certain » pour le poumon depuis 1987. En France, ce serait la seconde cause de cancer du poumon, après le tabac et devant l’amiante : sur 30 000 décès par an, 3 000 lui seraient attribuables.

Réglementation

Les pouvoirs publics français, prenant en compte l’avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, ont retenu la valeur de 1000 Bq/m3 (Béquerel par mètre cube) en moyenne annuelle comme seuil d’alerte et la valeur indicative de 400 Bq/m3 en moyenne annuelle comme objectif de précaution. Ils ont également indiqué que la valeur guide de 200 Bq/m3 en moyenne annuelle sera prochainement fixée pour les bâtiments à construire.

Pour la radioactivité Gamma, la Directive 96/29/EURATOM du Conseil Européen, du 13 mai 1996 en cours de transposition en droit français, abaisse à nouveau les seuils :

  • pour les travailleurs, le seuil de 50 mSv passe à 20 mSv (milliSievert) par an (plus précisément 100 mSv par période de 5 ans, avec un maximum de 50 mSv par an).
  • pour la population, le seuil de 5 mSv (milliSievert) passe à 1 mSv par an.

La limite annuelle d’exposition de 1 mSv pour une personne du public ne concerne pas l’irradiation naturelle qui constitue le bruit de fond et dont l’ampleur dépend de la région où elle est mesurée, mais seulement l’exposition artificielle. Le principe de limitation ne s’applique pas non plus à l’exposition des patients, pour qui il importe d’obtenir l’information diagnostique désirée ou d’atteindre l’objectif thérapeutique.