Sulfure d’hydrogène (H₂S)

Polluants chimiques

Le sulfure d’hydrogène se forme par fermentation anaérobie (en absence d’air ou d’oxygène) des substances organiques les plus diverses.

Sources

Les sources naturelles de sulfure d’hydrogène sont variées ; il est notamment présent dans le charbon, le gaz naturel, le pétrole, dans les eaux sulfureuses des sources thermales, dans les géodes de gypse, la galena, le soufre.

Le sulfure d’hydrogène est également produit par des volcans en activité, par les marais et les milieux humides et chauds (type mangroves).

Les émissions d’origine anthropique représentent des quantités plus modestes : le traitement des eaux et des déchets produit aussi des quantités significatives de sulfure d’hydrogène (usines de pâte à papier, porcheries, stations d’épuration, installations de compostage et de méthanisation, centres d’enfouissement de déchets et industries chimiques).

Le sulfure d’hydrogène est un gaz très fréquemment rencontré dans le monde professionnel : industrie pétrochimique, fabrication de pâte à papier, fabrication de viscose et de cellophane, dans les fosses à lisier, dans les travaux de voirie, dans le traitement des eaux usées en assainissement, etc.

Chez les particuliers, son émission peut avoir de multiples origines : problème de plomberie, activité géothermique, proximité d’activité industrielle, déchets organiques.

Effets

Le sulfure d’hydrogène est facilement reconnaissable à très faible concentration à son odeur d’œuf pourri. Son seuil olfactif est de 11 µg/m3.

Dès 100 ppm (1 ppm = 1420 µg/m3), il peut provoquer :

  • Une irritation des muqueuses oculaires et respiratoires (sensation de brûlure, inconfort, photophobie, conjonctivite, rhinite, dyspnée, œdème pulmonaire retardé, céphalée, nausée, perte de connaissances brèves…) pouvant aller jusqu’à l’œdème cornéen
  • Des troubles neurologiques (confusion, vertiges, agitation, convulsions, coma)
  • Des arrêts cardio-respiratoires pouvant entraîner le décès

A partir de 500 ppm (= 710 mg/m3), l’H₂S provoque un blocage de la respiration cellulaire, entraînant une anoxie et une mort rapide. On parle d’effet knock-down pour désigner une exposition massive au sulfure d’hydrogène. Il provoque aussi une paralysie olfactive.

Réglementation

Ce gaz n’est pas réglementé dans l’air ambiant. Cependant, des valeurs limites d’exposition professionnelle sont fixées par le Code du travail :

  • VLEP 8h : 7 mg/m3 (5 ppm)
  • VLEP court terme (15 min) : 14 mg/m3 (10 ppm)

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande :

  • 150 µg/m3 en moyenne sur 24 heures

Spécificités

  • Le H₂S ne participe pas à l’indice Atmo
  • Le H₂S ne déclenche pas d’épisode de pollution réglementaire
  • Polluant local lié à l’activité volcanique et géothermique à La Réunion