La météorologie et le relief

La météorologie joue un rôle clé dans la qualité de l’air : selon les conditions de vent, de température, de précipitations et de turbulence, les polluants peuvent soit se disperser, soit s’accumuler dans l’atmosphère.

Précipitations et « lessivage »

Les pluies, nuages et brouillards peuvent capturer certains polluants gazeux ou particulaires : les gouttelettes dissolvent ou adsorbent ces contaminants et entraînent leur dépôt au sol — on parle de « lessivage atmosphérique ». Cela contribue à la réduction des concentrations dans l’air.

Vent et transport des polluants

La trajectoire et la vitesse des masses d’air déterminent le transport, la diffusion ou la stagnation des polluants. Un vent faible favorise l’accumulation des polluants, tandis qu’un vent plus fort et turbulent facilite leur dispersion.
Sur l’Île de La Réunion, le régime des alizés (vent dominant d’est-sud-est) contribue à la dispersion des polluants : la circulation maritime régulière permet un renouvellement de l’air. En altitude, la vitesse du vent augmente généralement, ce qui renforce encore la dilution.
Pour en savoir plus sur les effets de l’île de La Réunion sur le vent incident : RDV sur Météo-France

Turbulence, stabilité atmosphérique et dispersion

La stabilité de l’atmosphère joue un rôle déterminant dans la dispersion des polluants . Une atmosphère est qualifiée de "stable" si une parcelle d’air, écartée de sa position, tend à revenir à sa position de départ. L’atmosphère est "instable" dans le cas contraire. Cette stabilité dépend de plusieurs paramètres. Etant donné que la pression atmosphérique diminue avec l’altitude, toute parcelle d’air qui s’élève (suite à la présence d’un relief par exemple) subit une détente et se refroidit, ce qui accroît sa densité (pour l’air sec le refroidissement est proche de 1°C pour 100 m gagnés en altitude). Supposons qu’une parcelle d’air s’élève du sol jusqu’à 1000 m ; son refroidissement par détente est voisin de 10°C. Si à 1000 m cette parcelle rencontre de l’air plus froid et plus dense elle poursuivra son ascension. Dans ce cas l’air est "instable" et ceci favorise la dispersion verticale de polluants. Inversement, si pour diverses raisons si la couche d’air à 1000 m d’altitude est plus chaude que la parcelle d’air qui vient de se soulever, cette parcelle d’air est plus dense et va redescendre vers son niveau de départ. L’atmosphère est alors stable et freine la dispersion verticale des polluants. Lorsque les couches d’air sont plus chaudes en altitude que près du sol (inversions de température), l’air est stable et les risques de pollution sont importants.

2 schémas pour expliquer ce qu'est une dispersion normale et l'inversion thermique
Inversion thermique
Atmo Réunion

En résumé, la stabilité de l’atmosphère est un paramètre déterminant :

  • Lorsque l’air est instable, une parcelle d’air qui s’élève poursuit son ascension, ce qui favorise la dispersion verticale.
  • Lorsque l’air est stable (par exemple lors d’une inversion de température), la parcelle redescend, et la dispersion verticale est freinée. Une atmosphère stable + faible vent = risque élevé d’épisode de pollution.

Par ailleurs, l’ensoleillement génère des mouvements de convection et agit sur la chimie atmosphérique : par exemple, il contribue à la formation photochimique de l’ozone troposphérique.

Influence du relief

photo paysage du cirque de Mafate
Le cirque de Mafate

Les montagnes et ses remparts, les vallées et pentes modifient localement les vents, les flux thermiques et la turbulence : elles peuvent bloquer, dévier ou canaliser les masses d’air.
Dans des zones en cuvette ou entourées de reliefs, les polluants peuvent s’accumuler plus facilement en raison d’un confinement naturel. Pour aller plus loin : ressources Météo-France

Spécificités de La Réunion

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