L’effet de serre
Phénomène naturel, l’effet de serre est nécessaire à la vie sur Terre. Lorsque la Terre est réchauffée par le Soleil, elle émet des rayons infrarouges. Ceux-ci sont retenus dans l’atmosphère par certains gaz dits « à effet de serre » (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane…) qui se comportent comme les parois en verre ou en plastique des serres, et qui réchauffent l’atmosphère.
Mais la pollution engendrée par les activités humaines augmentent les concentrations de ces gaz à effet de serre. Selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), 6ème rapport, quelques points essentiels :
- La planète s’est déjà réchauffée d’environ +1,1 °C. La température moyenne pour la période de dix ans de 2013 à 2022 est supérieure de 1,14 °C aux valeurs de référence de l’époque préindustrielle comprise entre 1850 et 1900.
- Ce réchauffement est d’origine humaine, lié aux émissions de gaz à effet de serre, qui continuent d’augmenter.
- Le niveau moyen des mers a monté d’environ 20 centimètres entre 1901 et 2018.
- Si les pays réalisent les promesses actuelles de réduction des émissions, le monde pourrait se réchauffer d’environ +2,8 °C d’ici 2100.
- Certains effets du changement climatique sont désormais irréversibles, notamment dans les océans, les glaciers, les glaces polaires et sur les calottes glaciaires.
- L’augmentation des phénomènes extrêmes - vagues de chaleur, pluies intenses, sécheresses - est confirmée.
- Plusieurs milliards de personnes vivent déjà dans des territoires directement vulnérables aux effets du changement climatique, y compris des populations des petites îles menacées d’ici 2050.
- Pour limiter les risques futurs, le rapport insiste sur la nécessité d’une réduction rapide, profonde et durable des émissions, visant la neutralité carbone dans la seconde moitié du 21ᵉ siècle.
- Les choix d’actions faits aujourd’hui conditionnent fortement l’ampleur des impacts dans les décennies à venir.
Impact sur la couche d’ozone
Lorsqu’on parle de « couche d’ozone », il s’agit de l’ozone stratosphérique. Le « trou d’ozone » est une diminution de la concentration en ozone stratosphérique au-dessus des pôles. Le « trou d’ozone antarctique » a été détecté pour la 1ère fois en 1985. Il est principalement dû aux CFC (chlorofluorocarbones) et aux oxydes d’azote. En s’échappant dans l’atmosphère, les CFC (émis principalement par les bombes aérosols et les réfrigérateurs) provoquent la transformation chimique de l’ozone en oxygène. Depuis le 1er janvier 1996, ces gaz sont interdits à la production et à la consommation. Selon les dernières études, la reconstitution de la couche d’ozone se confirme. Elle constitue l’un des exemples les plus probants d’une coopération internationale efficace au service de la protection de l’ensemble de la planète.
Le phénomène des pluies acides
Les pluies acides sont des précipitations qui présentent une acidité particulièrement élevée (un pH inférieur à 5,65). L’acidité de ces pluies est principalement due au dioxyde de soufre (SO2) et aux oxydes d’azote (NOx) qui se dissolvent dans les gouttelettes d’eau de l’atmosphère et des nuages et se transforment en acide sulfurique (H2SO4) et en acide nitrique (HNO3). Ces pluies acides peuvent retomber très loin des lieux d’émission des polluants.
Les conséquences des pluies acides sont visibles dans de nombreux écosystèmes. Elles sont responsables de l’acidification des lacs, notamment en Scandinavie et en Amérique du Nord. Ce phénomène participe également au dépérissement des forêts d’Europe, notamment par la dégradation de la chlorophylle, visible par le jaunissement des feuilles. Elles attaquent aussi les équipements extérieurs, les bâtiments et les monuments.
A noter que le terme « pluies acides » ne désigne pas uniquement les précipitations (dépôts humides), mais inclut aussi les dépôts secs, tels que les particules de sulfate et l’acide nitrique sous forme gazeuse, qui se déposent directement sur les surfaces avant d’être éventuellement lessivés par la pluie.
L’eutrophisation des lacs et des rivières
Le terme eutrophisation vient du grec eutrophe, qui veut dire « bien nourri ». Cet état correspond de fait à une surabondance de matière organique dans un cours d’eau, un lac ou une zone côtière. Le phénomène d’eutrophisation est une réponse de l’écosystème aquatique suite à un apport excessif de nutriments, essentiellement en azote et phosphore. Stimulées par cet apport de « fertilisants », certaines algues et microalgues se multiplient de manière excessive, en particulier dans les couches d’eau de surface ou la lumière essentielle aux végétaux est disponible. Ces algues en excès vont attirer une quantité anormale de bactéries qui vont dégrader cette matière organique tout en consommant l’oxygène présent dans l’eau. Ces bactéries peuvent être de nature différente et émettre du CO2, du méthane (CH4), voire carrément du sulfure d’hydrogène (H2S) et des cyanotoxines, issues des cyanobactéries, qui sont toxiques à l’inhalation ou l’ingestion.
Résultat : il n’y a plus assez d’oxygène dans l’eau pour tout le monde et la lumière ne passe plus. Le milieu est asphyxié. Les poissons et autres animaux qui ne peuvent pas migrer vers des eaux plus oxygénées meurent.
Les deux coupables principaux conduisant à l’eutrophisation sont l’azote et le phosphore, que l’on retrouve surtout dans les engrais et les eaux usées.
Les conséquences de l’eutrophisation et l’acidification des milieux naturels sous les effets respectifs des retombées de composés azotés et des retombées acides, sont des exemples flagrants de ces altérations progressives de la composition des écosystèmes suite à l’impact de la pollution atmosphérique sur la végétation.
Les enjeux sur la biodiversité
Le terme « biodiversité », issu de la contraction de « biologique » et « diversité », désigne l’ensemble des formes de vie présentes sur Terre. Il englobe aussi bien la diversité des espèces que les interactions qu’elles entretiennent entre elles et avec leur environnement. Plus largement, la biodiversité correspond à la richesse et à la variabilité du vivant.
Dans la majorité de nos activités quotidiennes, nous sommes en interaction avec les écosystèmes et les autres espèces vivantes : nous nourrir, nous soigner, nous loger, nous déplacer, travailler, produire ou nous divertir, nous dépendons des ressources naturelles.
À l’image du changement climatique, la responsabilité humaine dans la disparition de la biodiversité est aujourd’hui clairement établie. Les pressions exercées sur les écosystèmes et les espèces dépassent désormais leur capacité de résilience, tant à l’échelle locale que mondiale. En raison d’une consommation élevée, de la croissance démographique et de ressources insuffisantes sur son territoire, la France importe de nombreuses matières premières. Cette dépendance entraîne une utilisation indirecte de terres à l’étranger et accentue la pression sur ces écosystèmes : exploitation des ressources, destruction d’habitats naturels, déforestation des forêts tropicales, pollution sur d’autres territoires ou encore perte de carbone.
Plusieurs menaces pèsent sur la biodiversité :
- La destruction des milieux naturels : l’urbanisation, le développement des infrastructures, l’exploitation forestière et l’agriculture entraînent la disparition et la fragmentation d’habitats comme les forêts, les zones humides ou les prairies.
- La surexploitation des ressources : la surpêche, la déforestation ou le braconnage provoquent un déclin des populations d’espèces et perturbent l’ensemble des écosystèmes.
- Les pollutions : qu’elles soient de l’air, de l’eau, des sols, ou encore lumineuses et sonores, elles dégradent les milieux et affectent les espèces qui y vivent. Par exemple l’ozone, polluant secondaire, en accélérant le développement et le vieillissement de la végétation, et en réduisant le cycle végétatif va diminuer la croissance des espèces végétales dans les milieux naturels avec une répercussion lente sur l’équilibre des écosystèmes.
- Le changement climatique : l’augmentation des températures, les sécheresses, les inondations ou les incendies modifient les conditions de vie, obligeant les espèces à migrer ou à s’adapter, avec des conséquences sur les chaînes alimentaires.
- Les espèces invasives : l’introduction d’espèces exotiques envahissantes dans de nouveaux milieux perturbe les équilibres et menace les espèces locales.
Comprendre les causes de la disparition de la biodiversité est essentiel pour mettre en place des actions efficaces visant à préserver les espèces et les écosystèmes fragilisés.
